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Grand Maître – Jim Harrison

Posted in Romans

Roman éponyme ?

Bon. Comment dire. On ne va pas se mentir, Jim Harrison est un géant qui laissera certainement sa marque dans l’histoire de la littérature mondiale mais ce roman n’est pas sa meilleure œuvre. On y retrouve pourtant ce qui fait la marque de l’auteur : un héros à un carrefour de sa vie, un road trip au cours duquel chaque étape est l’occasion d’une rencontre avec des personnages secondaires marquants et surtout, l’Amérique profonde (au sens d’un petit Français pour lequel New-York a longtemps été la seule représentation de ce pays immense) comme décor… mais malgré tout cela, la sauce ne prend pas car l’intrigue principale n’est pas à la hauteur de l’auteur. Le méchant manque cruellement de charisme et si le fait qu’on ne le rencontre pas tout au long du récit est un parti pris, au moment où on est enfin face à lui… ben ça fait pschitt.

Bien entendu, l’essence du roman n’est pas là, on comprend aisément que la véritable histoire qui compte est celle du héros, flic fraîchement retraité et abîmé par la vie mais ici ça ne fonctionne pas aussi bien que dans certaines publications précédentes de l’auteur.

J’ai découvert Jim Harrison par Une Odysée Américaine suivi de De Marquette à Vera Cruz, deux livres qui m’ont convaincu que la légende qui entourait cet écrivain n’était pas usurpée ; la comparaison avec Grand Maître est donc rude. Néanmoins, les petites productions d’un génie surpassant toujours les plus grandes d’un auteur médiocre, cette lecture, si elle vous tombe dessus par hasard, méritera tout de même que vous alliez au bout. En plus, cela vous permettra de constater que même les meilleurs peuvent se laisser aller à l’utilisation d’un Deus Ex Machina !

Sans rancune Monsieur Harrison, je vais continuer à parcourir votre bibliographie avec envie.


Anecdote

Vous aurez compris que la phrase d’accroche de cet article joue sur l’ambiguïté entre le titre de l’œuvre et le statut de Jim Harrison de “Grand Maître de la littérature”. Pour la petite histoire, sachez que l’emploi de l’adjectif “éponyme” pour une œuvre ne répond en réalité pas aux recommandations de l’Académie Française. En effet, lorsqu’un album de musique porte comme titre le nom de l’interprète, c’est en fait ce dernier qui est éponyme et non le disque : “On se gardera bien de confondre le héros qui donne son nom et l’œuvre qui le reçoit. Ce n’est que le premier qui peut être qualifié d’éponyme.”


La quatrième de couverture

Après une longue carrière dans la police du Michigan, L’inspecteur Sunderson est sur le point de prendre sa retraite, lorsqu’il se met à enquêter sur une secte hédoniste qui a pris ses quartiers à quelques kilomètres de chez lui. Ses investigations ne le mènent nulle part. Une fois retraité, il n’arrive pas à oublier l’homme qui s’est auto déclaré « Grand Maître » de la secte, et, flanqué d’une improbable acolyte de seize ans, sa voisine Mona, il reprend officieusement l’enquête. Au départ, Grand Maître apparaît comme un hurluberlu inoffensif, mais au fil de leurs recherches, ils découvrent un personnage bien plus sinistre qu’il n’y paraît.

Sunderson, lui-même poursuivi par ses propres démons, imbibé d’alcool et obsédé par les femmes, traque sa proie des bois du Michigan jusqu’à une petite ville d’Arizona qui fourmille de criminels transfrontaliers avant d’atterrir dans le Nebraska où les adeptes du Grand Maître espèrent s’établir pour de bon.

Après les succès de Une odyssée américaine et des Jeux de la nuit, Jim Harrison nous livre son dernier opus, Grand Maître, chef-d’œuvre tragicomique, étincelant d’humour et de désespoir.

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