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Le monde est mon langage – Alain Mabanckou

Posted in Essais

Qui d’autre pour inaugurer ce blog littéraire ?

Si vous n’avez jamais lu d’ouvrage d’Alain Mabanckou, ne commencez pas par celui-ci ! Non pas qu’il soit mauvais, bien au contraire, mais il s’agit simplement d’un essai et non d’un roman. Quand on connait le talent de conteur de cet écrivain, il serait dommage de le découvrir par le biais de cet exercice somme toute assez académique, du moins par rapport à ces productions romanesques.

Dans cet ouvrage — autobiographie qui ne dit pas son nom de l’aveu même de l’auteur — Alain Mabanckou nous propose de le suivre pour un tour du monde au cours duquel il nous présente quelques-uns des anonymes et des auteurs qui l’ont marqué et qui ont fait de lui l’écrivain et l’homme qu’il est aujourd’hui. Si le voyage a pour thème la langue française, c’est bien le parcours de l’auteur qui est le fil conducteur de l’ouvrage. Comme toujours lorsqu’il parle des autres, et spécialement des gens qu’il apprécie, les mots d’Alain Mabanckou respirent la bienveillance et l’admiration ; à une époque où le cynisme semble régner en maître dans les médias, il est agréable de picorer, chapitre après chapitre, les belles pensées de cet auteur et de le lire clamer son amour fou de la langue française.

Comme je le disais, je vous conseille de lire quelques-uns de ses romans avant de vous pencher sur la dernière production d’Alain Mabanckou afin de vous faire une idée pertinente de son style et du charisme de son écriture, d’autant plus que plusieurs références à son oeuvre émaille l’essai. J’avoue ne pas avoir la culture littéraire nécessaire à la reconnaissance de tous les auteurs évoqués au fil des pages… mais je compte bien remédier à mes carences au fur et à mesure de mes lectures.

 

J’aurai certainement l’occasion de vous re-parler de cet auteur franco-congolais que j’ai découvert cette année et que j’ai dévoré… je songe même à initier la section « Auteurs » avec lui, c’est vous dire à quel point je l’apprécie.


Anecdote

A la page 106, en décrivant l’intérieur du domicile de Sony Labou Tansi, l’auteur écrit « À l’intérieur, je remarquai deux grands posters du Che et de Bob Marley. Plusieurs cahiers à spirale traînaient sur une table de l’écrivain », ce que l’éditeur traduit sur la quatrième de couverture par « Sony Labou Tansi qui, au Congo, écrivait dans des cahiers à spirales devant deux posters du Che Guevara ».

Dommage que personne n’ait vu la coquille ; il est fort probable que Bob Marley ne leur en tienne certes pas rigueur.


La quatrième de couverture

Le monde est mon langage est le tour du monde de la pensée et des émotions telles que la langue française les véhicule, par les gens les plus divers, célèbres ou inconnus, adolescents ou vieillards, Haïtiens ou Français. Alain Mabanckou les a rencontrés et nous les raconte, en une suite de portraits admiratifs et aimants. JMG Le Clézio ou un inconnu de la Nouvelle Orléans, Sony Labou Tansi qui, au Congo, écrivait dans des cahiers à spirales devant deux posters du Che Guevara, bien d’autres encore.
Ils ont ces mots en partage et ils les partagent. Leur langage est notre monde.

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