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Les putes voilées n’iront jamais au paradis ! – Chahdortt Djavann

Posted in Romans

Une plume pour graver à jamais la parole étouffée des femmes prostituées musulmanes victimes de l’islam radical.

Certains livres traitent de sujets si graves que l’idée d’en faire une chronique, a fortiori lorsque vous êtes un jeune blogueur qui rédige son second billet, paraît honteusement futile. Le dernier roman de Chahdortt Djavann est de ceux-là.

S’il est évidemment impossible à notre époque de ne pas être au fait de la situation des femmes au sein des régions du monde tombées sous la coupe des islamistes radicaux, ce roman va plus loin en nous décrivant l’hypocrisie honteuse de ces régimes dans leur rapport à la sexualité et particulièrement à la prostitution. On découvre avec effroi que non contents de renier le droit des femmes à exister en tant qu’êtres humains à part entière, ces tyrans se gargarisent de lois sciemment rédigées de telles manières à protéger les hommes des comportements indécents qu’ils imposent aux musulmanes et qu’ils exigent des prostituées allant même jusqu’à leur en attribuer l’entière responsabilité. Les victimes étant alors les coupables, leur exécution permet à une parodie de justice de clamer son efficacité, tandis que derrière les voiles la souffrance perdure silencieusement.

Le sujet est rude, l’écriture est crue mais l’émotion est réelle à chaque page et la vulgarité n’est jamais gratuite. Dès le premier quart du roman, l’auteur nous annonce la couleur : si les noms et le récit des évènements sont issus de son imagination, le fond est entièrement inspiré de faits réels. Nous n’en doutions évidemment pas en entamant la lecture mais le fait de voir tomber nous nos yeux « le quatrième mur » à ce moment du livre ajoute à la violence des histoires un insoutenable et glaçant parfum de proximité, comme si l’on prenait alors pleinement conscience du fait que le cauchemar vécu par toutes ces femmes que Chahdortt Djavann (r)amène à la vie par sa plume se produit réellement tous les jours à quelques milliers de kilomètres de chez nous et non uniquement à chaque chapitre.

Une réussite dont on se surprend à souhaiter qu’elle n’eut pas besoin d’être écrite…


Anecdote

Je crois bien que c’est la première fois que tous les gens qui me demandent « Qu’est-ce que tu lis ? » lorsqu’ils me voient un livre à la main ont véritablement écouté la réponse…


La quatrième de couverture

Ce roman vrai, puissant à couper le souffle, fait alterner le destin parallèle de deux gamines extraordinairement belles, séparées à l’âge de douze ans, et les témoignages d’outre-tombe de prostituées assassinées, pendues, lapidées en Iran.
Leurs voix authentiques, parfois crues et teintées d’humour noir, surprennent, choquent, bousculent préjugés et émotions, bouleversent. Ces femmes sont si vivantes qu’elles resteront à jamais dans notre mémoire.
À travers ce voyage au bout de l’enfer des mollahs, on comprend le non-dit de la folie islamiste : la haine de la chair, du corps féminin et du plaisir. L’obsession mâle de la sexualité et la tartufferie de ceux qui célèbrent la mort en criant « Allah Akbar ! » pour mieux lui imputer leurs crimes.
Ici, la frontière entre la réalité et la fiction est aussi fine qu’un cheveu de femme.

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