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Le pire des mondes – Ann Scott

Posted in Romans

Telle est réalité

Premier roman lu dans ma seconde vie (celle de père, vous suivez ?), Le pire des mondes n’est pas fait pour me rassurer quant à l’avenir de mon fils et à celui de l’humanité en général. L’auteur y dépeint tous les travers d’une époque dirigée par les médias, la télé-réalité, la violence gratuite et le virtuel. Certes, le sujet a été traité et re-traité dans de nombreux ouvrages mais si le roman n’a pas la force de celui dont il emprunte presque le titre, j’avoue avoir été bluffé par la façon qu’a l’auteur de nous amener à la découverte de la folie du personnage… même si celle-ci tombe un peu à plat finalement, n’ayant pas réellement de lien avec la trame principale et surtout l’issue de l’œuvre.

Malgré tout, l’écriture a ce quelque chose qui donne envie de retenter sa chance, ce que je ferai probablement avec sa dernière parution, Cortex, dont l’intrigue m’interpelle depuis quelques semaines. D’autant plus que je pense que les romans d’Ann Scott doivent impérativement être lus au moment de leur publication tant cette écrivain semble adepte de l’utilisation importante de références culturelles ou commerciales. Problème de cette pratique : en plus d’avoir tendance à induire un effet « placement de produits », elle ancre irrémédiablement l’histoire dans son époque. Si cela pose un voile de nostalgie après quelques décennies, l’effet à court terme est de dater terriblement le roman en le rendant « has been ». Ainsi, les mentions de marques aujourd’hui disparues comme CCF ou d’animateurs retraités comme PPDA ont régulièrement brisé le quatrième mur, rendant la lecture moins agréable.

Il s’agit là d’un problème parfaitement résumé par Xavier Dolan dans sa réponse aux critiques négatives du clip qu’il a tourné pour Adèle à l’occasion de son tube planétaire Hello. Il lui était reproché l’utilisation d’un téléphone à clapet ; il s’en explique ainsi : « Je n’ai jamais aimé filmer des téléphones ou voitures modernes. C’est tellement implanté dans nos vraies vies que lorsque vous les voyez dans les films vous vous souvenez de la réalité. Si vous voyez un iPhone ou une Toyota dans un film, c’est anti-narratif, cela vous fait sortir de l’histoire. Si je place un iPhone ou une voiture moderne dans un film, cela me donne l’impression que je réalise une pub ».
Tout est dit.


Anecdote

Dans ma dernière chronique, je disais m’être rendu compte que ma récente paternité allait fortement réduire mon temps de lecture ; en réalité, mon fils me laisse de nombreuses occasions de lire, ce sont plutôt les rédactions de chroniques qui ont à souffrir de son arrivée… tant pis pour vous 😉


La quatrième de couverture

Quand le monde extérieur devient insupportable, peut-on s’enfermer chez soi ? Quand le monde réel se montre trop décevant, peut-on s’en inventer un autre ? Quand on est obsédé par une star de cinéma, peut-on décider qu’elle est faite pour nous ? Entre dégoût, compassion et fantasme, peut-on survivre à la réalité ? Et à quel prix ?
Dans le meilleur des mondes, Aldous Huxley parlait du futur. Le pire des mondes, lui, est bien présent.

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