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Dans les forêts de Sibérie – Sylvain Tesson

Posted in Essais

Qu’importe le flocon pourvu qu’on ait l’ivresse

Lorsque l’intrépide écrivain-aventurier Sylvain Tesson décide de s’exiler quelques temps pour se poser et souffler un peu il ne fait pas les choses à moitié : six mois, rien que ça, dans une cabane, non pas au Canada, mais dans une contrée qui n’a rien à lui envier côté climat, la Sibérie. Le décor est posé, ne manque plus au tableau qu’un immense lac gelé et surtout, surtout, un océan de vodka. Car oui, craignant peut-être de ne pas se satisfaire de l’ivresse des montagnes, Sylvain Tesson a pris soin d’emporter avec lui de quoi épancher la soif de plusieurs longues journées de contemplation de la nature.

S’il évoque la crainte de l’ennui ressentie par son entourage à l’annonce de son projet érémitique, il pourrait en être de même pour le lecteur à l’approche d’un ouvrage traitant d’une aventure dédiée à l’inaction. Et pourtant, alors même que l’on s’accorde parfois à penser qu’il ne se passe rien, le temps, lui, passe et les pages défilent devant nos yeux comme les saisons devant la fenêtre de l’auteur.

Tôt dans le récit, Sylvain Tesson écrit

Le froid, le silence et la solitude sont des états qui se négocieront demain plus chers que l’or.

les écrivains comme lui seront alors à n’en pas douter des valeurs refuges !


Anecdote

Dans ma quête d’une épopée littéraire alliant retour à la nature et éloge de la solitude, je m’étais plongé il y a quelques semaines dans le roman documentaire Voyage au bout de la solitude de Jon Krakauer (plus connu sous son titre original Into the wild depuis la sortie du film de Sean Penn). Les internautes attentifs auront noté que je n’en ai pas rédigé de chronique ; ceux qui le sont le plus auront compris pourquoi, ceux qui le sont un peu moins trouveront l’explication dans le laïus qui fait office de bio sous mon avatar !


La quatrième de couverture

Assez tôt, j’ai compris que je n’allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m’installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie. J’ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal. Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j’ai tâché d’être heureux. Je crois y être parvenu. Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à la vie. Et si la liberté consistait à posséder le temps ? Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d’espace et de silence – toutes choses dont manqueront les générations futures ? Tant qu’il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu.

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