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Journal d’un homme heureux – Philippe Delerm

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Ô temps, suspends ton vol !

Qu’il est agréable de faire une pause, une vraie pause, dans la course effrénée de nos vies. Dans ce journal, écrit entre 1988 et 1989, Philippe Delerm prend son temps, retient le temps, regrette le temps qui passe et tente au fil des mots d’ancrer le navire de son existence au récif de ces jours heureux.

Si la publication de son journal peut passer pour une forme de narcissisme, la critique bienveillante, mais sans concession, dont fait preuve le Philippe Delerm reconnu de 66 ans vis-à-vis de celui en devenir de 38 dans les quelques pages contemporaines est si touchante qu’on ne peut qu’être séduit par ce qui constitue finalement le témoignage d’une époque… pas si lointaine. En effet, ce qui frappe le jeune trentenaire que je suis au fil de la lecture, ce sont les craintes récurrentes formulées par l’auteur – qui avait quasiment mon âge à l’époque – quant à l’avenir du monde, aux médias poubelles, à la publicité envahissante, au dogme de l’argent tout puissant… autant d’inquiétudes qui résonnent toujours trente ans plus tard. S’il n’est pas rassurant de penser que rien n’a changé, il peut l’être à l’idée de se dire que le précipice n’est peut-être pas si proche : on avance dans la mauvaise direction mais au moins y allons nous tout doucement. On se rassure comme on peut ?


Anecdote

J’ai coutume de dire – et de penser surtout – que je suis la personne la plus heureuse que je connaisse ; j’espère ne pas faire un jour mienne la phrase mélancolique citée en quatrième de couverture et qui clôture l’ouvrage « Je n’ai sans doute jamais été plus heureux que cette année-là »…


La quatrième de couverture

« Je me suis levé ce matin en pensant que la journée allait être bonne. Je crois que je me coucherai ce soir en me disant que je suis le plus heureux des hommes. Comment ne pas frissonner un peu à cette idée ?
Je suis riche, incommensurablement riche de ce qui manque à presque tout le monde : le temps. »

Ce journal est celui d’un âge d’or.
Choisir de vivre à la campagne loin des milieux littéraires et parisiens.
Regarder par la fenêtre pousser les fleurs de son jardin, au rythme des saisons.
Prendre le temps de vivre sa vie, d’admirer sa compagne, d’aimer son enfant.
Écrire en pensant qu’on sera, un jour peut-être, reconnu.

Philippe Delerm n’a tenu son journal qu’une seule année de sa vie. Il avait 37 ans. Bien longtemps avant l’ouragan du succès de La Première Gorgée de bière. « Je n’ai sans doute jamais été plus heureux que cette année-là. »

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