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L’été où il faillit mourir – Jim Harrison

Posted in Nouvelles, and Romans

Et au milieu coule une merveille

Amateur de grandes épopées, j’apprécie également à l’occasion la lecture d’un recueil de nouvelles. Lorsqu’en plus ce florilège d’histoires courtes est issu de la plume de l’un de mes auteurs favoris, le plaisir n’en est que plus grand.

Dans un exercice qui exige normalement une certaine épuration narrative, le grand Jim Harrison parvient à nous subjuguer en racontant trois histoires si riches qu’on les croirait romans. Si la nature et l’environnement occupent, comme d’habitude, la place d’un personnage dans la première et la troisième nouvelle… quelle surprise que la seconde ! Ici point de grande épopée parmi les fleuves ou les forêts américaines mais trois voix de femmes jouant tour à tour une partition commune, celle d’un drame passionnel vécu par l’une d’elles.

Alors que je n’attendais pas du tout Jim Harrison dans ce registre, force est d’admettre que l’illusion fonctionne à la perfection. Ce n’est plus l’auteur à l’image un peu bourru qui parle mais bien trois femmes abimées par le temps et leurs maris. Je n’en doutais pas, mais je constate à nouveau que Jim Harrison est un génie.


Anecdote

Il est dommage que le genre de la nouvelle ne soit quasiment plus représenté en France, lorsqu’on sort d’un roman un peu rude, c’est une transition agréable avant d’entamer la lecture du prochain.

J’en profite pour saluer la belle initiative de Pocket « 13 à table ! » qui consiste, chaque année au moment des fêtes, à l’édition d’un recueil de treize nouvelles gravitant autour d’un thème commun et rédigées par treize des auteurs comptant parmi les plus lus (mais pas forcément les meilleurs certes) du moment ; tout ceci étant réalisé au bénéfice des Restos du coeur.


La quatrième de couverture

Dans ce recueil réunissant trois novellas, Jim Harrison se présente en toute virtuosité dans des registres qu’on aurait pu croire incompatibles. La novella qui donne son titre au livre, narre les dernières tribulations de Chien Brun, métis indien de la Péninsule Nord du Michigan. Les aventures de ce personnage sont racontées dans un délectable mélange de comédie et de tragédie soft. Epouses républicaines constitue un véritable tour de force. Jim Harrison met en scène trois femmes mariées, riches, républicaines, amies depuis toujours. Les voix de ces trois femmes sont crédibles, individualisées, réelles. On découvre un Jim ventriloquant trois épouses républicaines grand chic grand genre, leur inventant des voix effarées, passionnées, des larmes émouvantes ou ridicules, des répliques cinglantes ou naïves.
Quant à la troisième novella du recueil, intitulée Traces, c’est une belle variation sur l’autobiographie de l’auteur, rédigée à la troisième personne, comme si Jim Harrison incarnait un personnage de roman, mais avec une écriture poétique transcendant le sujet et une liberté de ton qui nous font entrer de plain-pied dans la réalité de l’Amérique des années cinquante et soixante.

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